Les saisons de la vie

Les saisons de la vie
Automne.

C'est joli les feuilles. Ma maman elle dit que je ne peux pas garder celles que je trouve, c'est trop sales. Elle ne sait pas que sous mon lit, il y en a beaucoup. Avec Loïc, on en fait une collection. C'est facile de faire une collection de feuilles, il y en a toujours beaucoup à l'automne. Loïc, c'est mon meilleur ami, on se connaît depuis... Depuis toujours je crois. Neuf ans, presque dix! C'est important de préciser, parce qu'à dix ans, on est grands. En fait.. Loïc sera grand, moi je serais grande. Lui et moi sommes inséparables, deux vrais tornades comme dirait sa maman. J'aime bien ce surnom, ça nous correspond bien je trouve. Depuis quelques temps, mon ami ne peut plus sortir de chez lui. Il est malade, une vilaine grippe je crois. Il a perdu tout ses cheveux, il éternuait beaucoup trop, alors ils sont tous tombés! Je ne peux pas aller le voir, il n'est pas très souvent chez lui, il va rendre visite à sa tante malade à l'hôpital. Elle doit être très malade, parce qu'il y est très souvent pour lui tenir compagnie. J'irais bien avec lui, mais maman ne veut pas. Ils doivent rester en famille, et puis, je ne la connais pas du tout, sa tante... Si je la connaissais.. Je pourrais voir Loïc plus souvent... Il me manque beaucoup. Mais lorsqu'il me manque trop, je regarde sous mon lit et je respire l'automne. L'automne, ça sent comme ses cheveux et le ciel tout bleu, il est comme ses yeux.

Hivers.

Ils m'avaient tous mentis. Il n'y a que Loïc qui a su me dire le vérité, même maman et papa ils ont pas osés. Loïc est malade et c'est très grave selon lui. Moi, je ne m'en fais pas, mon ami, il est trop fort pour mourir! Il est tout pâle et ses cheveux, ils n'ont pas encore repoussés. C'est la.. Nimio.. Chimio.. Chimiothérapie qu'il dit. Je sais pas moi, ce que c'est. Mais moi je l'aime avec ou sans ses cheveux. Ses yeux sont toujours pareils, grands et bleus.. Il a de gentils yeux, des yeux de grandes personnes, des yeux réconfortants. Je sais qu'il s'en sortira, parce qu'il me l'a promit et quand on fait une promesse, on est obligés de la respecter. C'est maman qui l'a dit, alors c'est forcément vrai. J'aimerais beaucoup que tout redevienne comme avant, mais j'ai l'impression que rien ne ressemblera au passé. J'ai si peur pour lui, peur qu'il ne revienne jamais tout à fait complet, en un morceau de l'hôpital. Je voudrais pouvoir lui donner ma vie, parce que si il meurt, elle n'aura plus vraiment... D'importance sans lui. Maman dit que j'ai grandit, mais pas dans mon corps, dans ma tête. Que je suis une petite fille qui pousse plus vite qu'à son rythme. Peut-être que oui, peut-être que non. Tout ce que je sais, c'est que je veux que Loïc il soit heureux avec moi... Je sais que tout ça lui fait très peur. Moi aussi, j'ai très peur... Les feuilles des arbres sont toutes tombées et dans mon c½ur, comme dehors, c'est l'hivers.

Printemps.

Loïc.. Non.. Pourquoi tu es.. Partis.. Tu m'avais promis!

Été

Déjà quatre ans qu'il est partit, qu'il est sortit de ma vie. Je suis une adolescente maintenant et je me souviendrais toujours du printemps de mes dix ans. Je me souviens de l'enfant en détresse que j'étais à ce moment, des journées sombres qui ont souvis cette annonce critique. Sans toi, j'avais l'impression de ne plus exister, de n'être rien sans que tu sois à mes côtés. Les deux tornades, les deux puissances de la nature que nous étions n'étaient plus et ne le seront plus jamais. J'ai perdu ma force en te perdant toi, mon petit Loïc. J'avance chaque jour en me disant que le pas que je fais, tu ne le fera jamais.. Et ça me fait mal, toutes les fois. Je rêve ton sourire, j'imagine sans mal ton rire mais je n'arrive plus moi-même à être sincèrement heureuse. Je fais semblant d'aimer la vie pour que les gens autours de moi ne sombre pas à leur tour. J'attend patiemment mon heure, en ne faisant rien pour écourter ma vie sur cette terre, ce ne serait pas digne de toi. Ton départ fut l'épreuve la plus douloureuse que j'eu à traverser et la période de ma vie qui le précéda fut la plus sombre. J'en voulu au monde entier de ne pas comprendre ma peine, de ne pas chercher à le faire. À leurs yeux, ma peine finirait bien par s'amoindrir au fil de semaines, des mois et des années qui s'écouleraient... Pourtant, toi comme moi savons qu'il n'en est rien. Les adultes ne comprennent jamais. Maintenant, j'ai beau avoir quatorze ans, j'ai toujours aussi mal et tu me manques toujours autant. Je t'aime Loïc, peu m'importe l'endroit où tu es maintenant, je sais que tu veilles sur moi.

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 20:25

Tais-toi et avance, tu n'y vois pas la différence

Tais-toi et avance, tu n'y vois pas la différence
Il faut arrêter de penser que le monde tourne autours de votre tête, que le moindre sourire est une lueur d'espoir dans le visage des autres, qu'ils ne souffrent pas autant que vous. Il n'y a pas besoin d'être 'emo' pour souffrir, laisser vivre l'expression. Il suffit d'avoir un coeur pour souffrir, pour avoir mal. Il n'y a pas toujours des larmes sur les joues, ni de coupures aux poignets. Ce ne sont rien d'autres que des signes, rien d'autres qu'une mascarade que tout le monde peut appliquer pour avoir une once d'attention. Quand vous croyez que tout est terminé pour vous parce que votre copain vous a laissé, penser simplement à ceux qui ne reçoive jamais et ne reçevront jamais une petite marque d'affection. Chaques situations dans vos vies, nos vies communes ne sont que des rêves pour ceux qui vivent dans l'horreur chaques jours. Il est possible d'avoir mal, mais chaques épreuves n'est là que pour nous apprendre à vivre. Certains vivent des épreuves horribles tous les jours sans rien en retirer, parce qu'il n'y a rien à n'y comprendre. Le mal se fait tout simplement parce qu'ils ont besoin de se sentir forts et puissants. Il faut toujours réfléchir à la portée de nos actes, de nos paroles parce que la moindre petite méchanceté peut faire briser les digues de quelq'un et lui faire commetre l'irréparable. La mort n'est pas la seule solution, certaines victimes, sans connaître la portée de leur actes, tombent dans la drogue et l'alcool pour oublier et la mort semble de plus en plus attirante. Réfléchissez parce que lorsqu'une personne que vous avez méprisée, détestée toute votre viese laisse tomber, les remords vous tenaillent. Parce qu'il faut seulement avoir un coeur pour souffrir, pas l'apparence qui vient avec. Chacun a le poids de ses fantômes sur ses épaules, mais certains hantent toujours les nuits de ceux qui les possèdent. J'ai prit conscience aujourd'hui que j'ai le droit de souffrir, que j'ai le droit d'avoir mal, mais jamais je n'aurais le droit de penser d'être la seule dont le coeur sombre parce que certains, leur coeur, ils l'ont déjà perdu.

# Posté le samedi 01 novembre 2008 10:19

Mon homme à moi

Mon homme à moi
Mon homme à moi aimera les mots. Il ne sera pas jaloux quand je penserais à eux plus qu'à lui. Des mots d'amour, des belles paroles qui brûlent mes lèvres, bouillonent au fin fond de mon coeur. Mon hommes à moi aura de longues mains, aux doigts fins, des mains d'artistes qui feront mille et un dessin sur mon visage tendrement offert. Il aura l'océan, la prairie qui brille au coeur de son visage, les plus beaux paysages au creux des yeux. Il me montrera le monde en me souriant et mille tableaux s'afficheront sur son visage. Mon homme à moi me fera voyager. Le monde à pieds, ma main dans la sienne, le coeur gorgé d'espoir en l'avenir. Il voudra voir le monde avant que nos ne s'essouflent, avant que la nuit avale la jour, avant que la vie ne sout soit reprise pour ne plus nous être redonnée. Il accompagnera mon sommeil de sa voix et me bercera jusqu'à ce que Morphée ne m'emporte entre ses bras jaloux jusqu'au lendemain matin. Mon homme à moi sera gracieux, avec la beauté au fond du coeur et à la commissure des lèvres lorsqu'il m'embrassera et m'adressa le plus beau des sourires. Il aimera la vie autant que moi et attendra la mort avec sérénité, sans jamais chercher à la précipiter ou à la provoquer. Il aura le coeur gros comme le monde, aimera sans jamais tenir de comptes. Lorsque la nuit, je ne voudrais pas m'endormir, il restera à mes côtés jusqu'à ce que tous les monstres soit excorcisés et que le matin se lève enfin entre deux sourires. Il me protègera de tout, de la vie et de ses malheurs, mais aussi d'un bonheur trop éclatant afin que lorsque la vie aura reprit son coeur, je ne tombe pas de trop haut. Mon homme à moi ne sera pas parfait, mais ensembles, nous serons les plus forts. Et lorsque, enfin, la mort viendra nous chercher, sur nos visages, vous pourrez appercevoir, entres nos rides, la carte géographique d'une vie passée à aimer.

# Posté le dimanche 02 novembre 2008 09:41

De retour! [ Jeux d'enfants. ]

Je me souviens de tes mains sinueuses, frêles et pourtant si sévères. J'aimais les contempler pendant ton sommeil le matin de cet été féérique; la fenêtre était ouverte et on entendait hurler le vent brûlant qui se confondait à ta respiration mélodieuse. C'était l'été, un été comme on en vit seulement un dans toute une vie, un été qui illuminait ton regard de bleu et d'or. C'était facile si j'essayais de croire qu'il n'y avait pas d'enfer sous nos pieds, juste le paradis au dessus de nos tête. C'était tellement facile que je m'étais enrubannée de ces douces illusions pour battre la campagne en m'accrochant à tes promesses et à tes doigts. Tu me souriais, et le vert de arbres, le jaune du soleil, le bleu de l'océan, tout cessait d'exister parce que dans tes prunelles, j'avais l'impression de me retrouver, enfin. C'était beau, tout était parfait. Tout était parfait...

J'ai, au creux du coeur, les milles souvenirs qui impriment encore les murs de cette maison qui m'habrite maintenant, et il me suffit de m'asseoir à la chaise qui, décorée d'ombre, assiste à tous les couchers et les levers du soleil, bien placé aux côtés de la fenêtre, pour me souvenir encore mieux des éclats de rire qui tapissent les murs de douces nostalgies. Je ne sais pas pourquoi, mais chaque fois que je m'asseois sur cette chaise, que j'emprunte ses ombres pour un petit instant, j'ai une envie sourde d'éclater en sanglot, une envie qui vrille mes tempes de ses doigts fins et malhabilles. Je vois, à travers les carreaux poussièreux et cassés, la balançoire qui a tant de fois servit de décors à nos jeux d'enfants. La corde rêche qui la relie à la branche solide s'effiloche par endroit, victime du temps, des années qui s'écoulent maladroitement, sans qu'on ne puisse les retenir entres nos mains, ne laissant que des effluves de souvenirs douloureux. La planche de bois a vieillit aussi, et si autrefois elle brillait du vernis qui devait la protéger, elle brille maintenant par ton absence. Si tu savais ce que je donnerais pour te voir t'élancer jusqu'à la balançoire, et user de force, de milles efforts pour te propulser jusqu'aux cieux. J'aurais juré que des ailes te poussait. J'étais si jeune, et à mille lieux de me douter du drame qu'abriterait l'été de nos vingt ans. Si seulement j'avais su...

L'été était beau. L'hivers nous avait quitter, et le printemps avait été de courte duré, pressé qu'il était de se reposer jusqu'à l'année prochaine. Les bourgeons avaient éclatés dans les arbres, embaumant l'air d'une douce odeur suave, acre. La vie reprenait ses droits, et la terre, gorgée des eaux de l'hivers, rivalisait de beauté avec l'océan qui brillait de mille diamants sous le soleil chaud. J'adorais aller en vacances à la mer avec toi, et il n'y avait pas un été où, ensembles, nous n'étions pas aller jouer dans les vagues, heureux et sereins. La vie nous promettait tout, et naïfs puisque nous étions jeunes, nous y croyions. Les mouettes chantaient de leurs voix horrible, mais ça faisait partie du charme. Sans elles, rien n'aurait été pareil. Si presque tout est devenu vague à présent, les morceaux du passé qui s'accrochent à ma mémoire le font avec précision. Ton sourire, encore gamin malgré tes vingt ans, barbouillé de glace à la framboise, la petite boucle brune qui reposait sur ta nuque délicate et dorée de soleil, ta barbe de deux ou trois jours qui me faisait tant rire lorsque tu m'embrassais, parce que ça chatouillait. Tu étais mon tout, et je n'existais pas si tu n'existais plus. Mais je ne m'en faisais pas, nous étions immmortels... J'y croyais tellement fort, à notre immortalité...

Mais voilà que tout a basculé dans un enfer horrible, grouillant de tentations et de passions. Je me souviens de tes mains sinueuses, frêles, pourtant si sévères, ces mains qui m'avaient tant de fois caressés, habillés de douceur et d'amour, qui maintenant s'accrochaient à mes épaules comme si elles étaient le dernier lien qui te retenait à la vie. Si j'y pense assez fort, c'est effectivement l'impression que ça me laisse : J'étais celle qui aurait pu te garder en vie. J'aurais dû me douter de ce qui se cachait derrière tes sourires barbouillés de framboises. J'aurais dû savoir décryter tes yeux si verts, tes yeux qui étaient devenus vitreux à cause de ce faux univers que tu t'étais créé. Tu avais essayé, pour rire, un soir où j'étais sortie prendre l'air sur la balançoire de la maison du bord de mer. Cette maison qui est devenue mienne. J'aurais dû te dire de tout arrêter, que je pouvais te rendre heureux, mais tu ne voulais pas entendre. Mais si tu n'entendais pas, j'aurais dû hurler. J'aurais dû savoir.. J'aurais dû..

J'aurais dû mourrir avec toi... Mourrir de cette mort si douce aux relents douceâtres de drogue, mourrir de cette mort tendre qui aurait glissée entres mes veines jusqu'à paralyser éternellement mon coeur. J'aurais pu quitter ce monde, horrible sans toi, avec toi. Je ne devrais plus aujourd'hui me souvenir douloureusement, fondue dans l'ombre de la chaise, un oeil sur la balançoire, l'autre sur la mer, me souvenir de toi. J'aurais été avec toi. Je me souviens de tes mains sinueuses, frêles et pourtant si sévères... Et ce sont elles qui me manquent le plus...


[ Après une longue absence, je crois que je vais reprendre MoiEtMesLettres en marche. Avis aux intéressés, il y aura très bientôt des changements. ^^ ]
De retour! [ Jeux d'enfants. ]
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# Posté le dimanche 29 mars 2009 16:34