La femme et la mer

La femme et la mer
Il serre contre son c½ur son collier, son souvenir d'une autre contrée. Ses pas l'avaient tout simplement emmenés loin de chez lui, guidés par son subconscient qui ne demandait qu'à quitter ce monde industrialisé. Il avait simplement besoin de s'évader, d'aller à la rencontre de la nature dans son plus simple habit. Loin des tours de verre, loin des arbres en pot. Il avait besoin de voir la force brute des éléments, de voir ce qu'est un vrai orage pour connaître ensuite le retour du soleil. Et il l'avait rencontré. Simplement humble devant la force la mer, elle était là, comme si toujours elle y avait été. Ses longs cheveux flottaient, caressé par la main invisible du vent, ses pieds enfouis sous le sable et ses longs doigts traçaient des formes sans raison dans la terre que l'eau s'empressait d'effacer par peur de briser la beauté du lieu. Il était ému sans même savoir pourquoi, comme si la réunion de la femme et de la mer était trop intense pour lui. Lentement, comme toujours, ses pas le guidèrent à ses côtés et sans qu'un mot ne soient échangés, ils s'étaient comprit. Elle avait saisit qu'il ne voulait pas briser le silence de la nuit, il avait comprit qu'elle désirait la même chose. Dans le secret de leurs doigts qui s'entremêlaient, ils échangèrent de grandes confidences, comme si la vie n'attendait que de leur offrir ce moment. Lorsque l'aube vint enfin, sans qu'aucun mot ne fut encore échangé, elle se leva et de son cou, détache la chaîne d'argent qu'elle gardait contre son c½ur. Il la regarda partir jusqu'à ce sa silhouette se perde dans les rayons du soleil levant, jusqu'à ce que tout ses pas furent effacés par les vagues qui s'écrasaient sur le bord de l'eau. Et à son tour il partit, gravant en lui ces moments rares de communion, où la terre, la femme et l'homme sont en union parfait.

# Posté le vendredi 20 juin 2008 11:29

Arc-en-ciel de gris

Arc-en-ciel de gris
Tout est blanc.
Je suis heureuse, j'avance, envers et contre tous. Ma vie se porte à merveille, même vos critiques ne m'atteignent pas. Je suis forte et aucune barrière, aucune frontière ne se met en travers de ma route. L'impression d'arriver à tous vous surplomber est de plus en plus forte, je nage dans un océan d'eau cristalline, transparentes comme vos pensées. Et tu es là..

Tout est noir.
Besoin qu'on guide mes pas, le monde des adultes, ça me fait toujours aussi peur. Je n'ai pas envie de me voir grandir avant le temps, d'oublier les joies simples de la vie et de perdre mes souvenirs. Les photos se perdent, les sourires s'échappent et les amis se perdent dans le brouillard. L'alcool devient le seul baume aux blessures, la cigarette brouillent les idées jusqu'à les égarer complètement, jusqu'à ce qu'on soit obliger d'en inventer d'autres. Prend ma main que je puisse voir demain..

Tout est gris.
Je vais mieux. Toujours faible par contre, je panse lentement mes blessures, je cache ma nostalgie au plus profond de moi pour tenter d'avancer. Je me laisse porter par le courant de la vie, en espérant un jour tomber sur quelqu'un qui saura m'aider, qui saura me guider à travers la pluie et qui me montrera le lever du soleil. Je sais que j'aurais d'autres moments noirs, d'autres moments blancs, mais il faut toujours une zone grise pour se remettre sur pied, se remettre en étant d'avancer. Parce que la vie ne peut pas toujours aller bien, ne peut pas toujours aller de l'avant. Il faut connaître la noirceur pour mieux apprécier la lumière.

Tout est beau maintenant.

# Posté le samedi 21 juin 2008 13:32

Conversation à sens unique

Conversation à sens unique
Les pétales des fleurs s'envolent, mais tu sais que je n'ai jamais su les retenir. J'aurais bien aimé te les offrir, mais elles ne veulent pas se laisser attraper, ivres de liberté qu'elles sont. Elles me révèlent leurs secrets à l'oreille, murmure des paroles inaudibles, mais dès que je veux les attraper, le vent les emportes. J'enmerde le vent. Il ronge les souvenirs jusqu'à la moelle, jusqu'à ce que je doive me contenter du squelette de ma mémoire. Je n'arriverais pourtant jamais à t'oublier toi, à oublier nos fous rires comme nos mauvais moments. Il faut apprendre à maîtriser l'obscurité pour mieux apprécier la lumière, c'est scientifique, psychologique, tout ce que tu voudras. Mes doigts lèchent le marbre froid du cimetière, effleurant les larmes séchées, les restes de souvenirs oubliés. Étonnamment, le soleil brille.. J'aimerais qu'il ne brille pas seulement dans le ciel. Tout est trop beau dans les cimetières. Ils croient que quelques tombes bien placées les unes à la suite des autres et qu'une pelouse bien coupée arrivent à calmer la douleur ou à nous faire oublier la cause qui fasse que nous nous trouvons ici? J'en doute. Pourtant, j'aimerais bien croire que quelques brins d'herbes pourraient arriver à calmer la peine et la douleur. Je rêve, je suis toujours aussi lunatique et je n'arrive pas encore à grandir.

Le vent caresse ma peau, danse avec mes cheveux, sèche mes larmes comme il l'a fait tant de fois auparavant.

Je sais que c'est la première fois que je viens te voir ici. Je m'ennuie de toi, certes, mais pas assez pour venir me perdre au beau milieu de souvenirs qui ne m'appartiennent pas. C'est étrange de constater à quel point les cimetières arrivent à se gorger de la souffrance des gens, s'en imbiber jusqu'à ce que l'air devienne franchement lourd. Ou pas. Je me fais peut-être encore des idées, comme d'habitude, ce serait mon genre. Je n'ai pas changé tu sais. Le monde continu de tourner, et ce n'est pas parce que je l'ai aidé. Souvent, j'ai voulu stopper son incessante danse autours du soleil, crier à la terre entière à quel point j'ai mal, que rien ne peut continuer comme auparavant. Mais personne ne m'écoute, mon seul confident, c'était toi. C'est dur de demander à la planète de cesser de tourner. Avec l'aide de ce putain de vent, elle réussit toujours. Je ne sais pas si tu me vois d'en haut, mais je voudrais seulement te dire que je suis assis au dessus de toi, du moins, sur ce qu'il reste de toi. Ne m'en veux pas, mais de ton corps, il doit plus rester grand chose. Des poussières de souvenirs, des morceaux de passé, peut-être même quelques peurs inavouées. Et d'autres choses que je décide inutile de te décrire, ça doit déjà pénible d'être en haut à notre age.

Les fleurs se fanent sous le coup de midi. Déjà midi.

Les mois se sont écoulés, eux non plus ne voulaient pas que je les retienne. Le sable du sablier s'est écoulé, les pages de mon calendrier s'empilent par terre, je suis trop lâche pour les ramasser et les jeter. Déjà deux ans. Eh oui, deux ans que t'es allé rejoindre les anges. S'ils existent bien sûr, ce dont je doute, puisque s'ils étaient réels, ils auraient comprit qu'il ne fallait pas t'arracher tout de suite à moi, que j'avais encore besoin de tes paroles, de tes bras, de tes lèvres. De toi finalement. L'eau a coulée sous les ponts, et pas juste sous les ponts pendant qu'on y est. Elle a coulée sur mes joues, sur mon parapluie, lorsque, à tes funérailles, il pleuvait. Moi, comme toujours, je me foutais de la pluie, mais par convenance, comme ils disent, il fallait que j'aie un parapluie. Stupide, je sais. Rien n'a changé ici bas comme tu peux le constater. C'est gris, c'est morose, c'est chacun pour soi. Les voitures avancent une à la suite de l'autre, les journaux continue de se presser sur le pas de ma porte et le chien du voisin s'entête à aboyer, tous les matins. Il mériterait une chaussure sur le museau celui là. Bref, je parle, je parle. Mais je parle à qui en fait? T'es mort. Crevé. Enterré.

Une larme.. Oh, et puis deux.

Tu t'es donné la mort. Tu n'as pas jugé la vie digne de toi, la mort, elle par contre, te semblait attirante. Une longue cape noire c'est ça? Elle avait l'air de quoi ta mort, d'une jolie brune pulpeuse? Non parce que pour que TOI tu décides de t'enlever la vie, il fallait qu'elle soit vachement attirante la mort. Tu n'es qu'un lâche Adam, et je t'en veux de me laisser pourrir ici toute seule. J'aurais pu t'aider moi tu le sais ça. Je t'aurais écouté, jusqu'aux petites heures du matin si tu en avais eu envie. Mais t'ouvrir les veines c'était plus facile que de guérir hein? Tu as dû te sentir puissant lorsque le sang ruisselait sur tes pieds, qu'il coulait le long de tes bras, poisseux et ignoble. Tu n'es qu'un traître qui n'a pas jugé bon de m'expliquer au moins pourquoi il partait. Tien, je vais partir, j'en ai marre de vivre. J'espère que t'es heureux là-haut, parce qu'ici, c'est l'enfer sans toi. C'est ça que tu voulais entendre? C'est ça que tu voulais savoir avant de me laisser complètement? Et voilà, c'est fait. Bon, je vais te laisser te faire tranquillement dévorer par les vers, ça doit être épuisant pas vrai?

Les nuages s'empilent dans le ciel. Et le vent souffle. Oh j'enmerde de vent.

Tu crois qu'un jour j'arrêterais de penser à toi? Je te vois partout, au détour d'une rue, à la librairie, j'ai même parfois l'impression que tu me suis à la trace. J'essaie de sourire au miroir pour faire comme si c'était toi qui le faisait. Mes doigts glissent encore sur le marbre froid des pierres tombales qui s'alignent, droites et parfaites. L'odeur des roses emplie mes narines, mais ma tête est remplie de ton odeur. Je t'en veux terriblement de m'avoir laissé sale lâche.. Mais je ne peux pas m'empêcher de t'aimer. À bientôt chéri, au détour d'une rue, entres les rayons de la librairie, face à face, comme avant.

# Posté le mardi 01 juillet 2008 08:58

J'aurais voulu

J'aurais voulu
J'aurais voulu te dire que le monde est beau, qu'il fait bon d'aimer et de vivre chaques jours comme s'il était le dernier. J'aurais voulu te chuchoter à l'oreille tout ce que tu voulais entendre, monts et merveilles, fleur et soleil. J'aurais voulu hurler au monde entier que la vie est belle, qu'il faut savoir en profiter et qu'il ne faut pas rendre ses ailes. Je voudrais danser, rire et chanter tout simplement parce que c'est la seule chose à faire, j'aurais voulu monter jusqu'au ciel avec toi. Je voudrais t'écrire la plus longue des lettres, milles et un poème juste pour que tu me sourisse, juste pour voir tes yeux. J'aurais voulu t'ofrrir le bonheur dans un écrin, que tu portes les perles de la vie à ton cou. J'aurais désiré que tu te battes, jusqu'au bout, jusqu'à ce qu'il ne te reste plus aucune force et que le vent t'emporte. J'aurais voulu que tu résistes, encore et toujours. Mais rarement, je crois, l'on a ce que l'ont veut. Alors, en guise de compensation, je cri, à qui veut bien l'entendre, que moi, je suis en vie et que toi, tu me manques et que les anges, ils n'ont pas toujours des ailes, que parfois, tout simplement, ils me regardent de là-haut et qu'ils m'adressent un sourire, tout simplement.

# Posté le lundi 21 juillet 2008 20:24

La chapelle morte

La chapelle morte
Cette fois-ci, la photo est aussi de moi

La chapelle est restée fermée
Depuis le départ de la Sainte
Les allés vides font résonner
Ses lamentations éteintes

L'autel soupire sous son poids
Douce équivoque des messes
La haine s'est faite maîtresse
De son injustifié assassinat

Mystérieuse jalousie en dépit
D'avoir sa beauté lumineuse
D'un coup, l'Élue perdit la vie
Jamais femme ne fut plus désireuse

Depuis, le soir abrite le mystère
De ses cris, des cierges éteintes
Et les croyants toujours espèrent
D'entendre ses douces plaintes

# Posté le lundi 11 août 2008 11:09