Souvenirs

Souvenirs


-Oh! Allez viens Sam! Viens je te dis! Il n'arrivera rien!
-J'ai pas envie je te dis. Tu ne me forceras pas!

Un jeune garçon de 7 ans regarde sa meilleure amie d'un ½il boudeur et la bouche crispée dans un demi-sourire, ressemblant plus à une grimace qu'à autres choses. Les bras croisés sur la poitrine, il lui tire finalement la langue tout en passant à travers la brèche qu'un nombre incalculable de générations de jeunes gens aura formée, à la recherche de nouvelles sensations éprouvantes. La carrière, pour les adultes, ce n'est qu'un vaste trou creusé par une compagnie d'extraction dans l'idée d'extraire, justement, le plus de pierres possibles. Mais pour les enfants, même les adolescents, c'est plus que ça. Avant la carrière se déroule une large bande de verdure abritant aussi bien de grands arbres que des petits buissons tout en passant par une herbe, tantôt jaunis, tantôt verdoyante, et cet endroit, c'est l'endroit parfait pour se cacher et faire quelque chose d'interdit. C'est justement ce que le jeune Noah a dans la tête actuellement.

-Tant pis pour toi! Je vais m'amuser tandis que toi, tu vas rester toute seule à t'ennuyer!

La petite fille lui lance un regard mauvais, puis effaçant soudainement toute trace de méchanceté sur son visage, elle s'engouffre dans la brèche de la clôture pour aller rejoindre son ami qui s'empresse de la prendre par la main. Tous deux s'enfuit, heureux et riant vers un endroit plus caché pour se partager une tablette de chocolat que Noah a volée à sa mère.

---

- Je te dis qu'il faut y aller! On va être en retard!
-Et moi je te dis que je peux encore dormir 10 minutes.

La jeune fille bouscule, tempête et semble sur le point de tout faire sauter. Pourquoi ne veut-il pas réveiller? Elle n'avait pas envie d'aller en retenue ce soir encore, par sa faute à LUI, alors qu'elle se réveillait presque aux aurores pour être prête. Il ira tout seul à l'école et il restera tout seul en retenue. Et ce sera bien fait pour lui.

-Je vais te réveiller moi, et quand tu seras réveillé, eh bien, ça va aller mal pour toi.

Le jeune garçon a grandit, et la petite qu'elle était avant est devenue bien plus mature, malgré ses tout frais dix ans. Ils sont toujours aussi amis, même inséparables. Ils ont tout vécu, tous vus, tout expérimenter sans jamais sortir de leur petite ville et ce même s'ils viennent à peine d'obtenir leur premier âge à deux chiffres. Le monde est jeune, le monde a encore à leur offrir, le monde leur appartient.

-Bon, j'y vais moi, et tu te débrouilleras tout seul.

Noah poussa un soupir de découragement avant de pousser rageusement ses couvertures jusqu'à ses mollets. L'école lui pesait, Sam l'énervait. Deux excellentes raisons de rester endormis. Pourtant, le deuxième problème semblait ne pas vouloir lâcher prise et le premier, tant qu'à lui, semble s'imposer pour encore quelques longs mois. Il s'habilla en vitesse avant de filer pour l'école, les cheveux en bataille et les yeux cernés jusqu'au menton. Il ne l'avouera jamais, mais il est content que Sam l'ai attendu.

---

- Je peux pas Sam! C'est vraiment trop dégueu!
- Ce que tu peux être immature parfois! Je te demande pas de m'embrasser avec la langue et tout et tout, juste de m'embrasser du bout des lèvres. C'est pas compliqué, tu verras.

Le jeune garçon, mécontent, s'exécuta et il trouva l'expérience plutôt agréable mais pour la forme, il recula son visage en grimaçant. Tous deux se trouvaient derrière un arbre, dans un parc au bout de la rue qu'ils habitaient. Ils avaient toujours habité l'un en face de l'autre et le fait qu'il tombe amoureux n'avaient pas étonné leurs parents. En fait, l'amour qui les unissait était plus fraternel que passionnel. Le terme 'sortir ensemble' leur semblait bien illusoire. Les deux jeunes adolescents avaient toujours fait les premières fois ensembles et leur premier baiser n'en était pas exclues. Embrasser quelqu'un d'autre leurs semblaient impensable, un crime punissable par une privation de chocolat d'au moins une semaine. Il était clairement impossible que Sam tombe amoureuse de quelqu'un d'autre et la même chose pour Noah. Ils se complétaient parfaitement et se connaissaient mieux que personne. Ils ont toujours dix ans d'amitié derrière eux, dix ans depuis leur première rencontre. Dix ans depuis leur naissance.
---

Il est étendu, seul, dans son lit d'hôpital. Il a maintenant onze ans et l'époque où il pouvait encore courir et s'amuser n'est pas si loin après tout. Il est faible et n'a plus goût à la vie. Le jeune garçon qu'il était est devenu un vieillard dans un corps de vif garçon. Il se bat, mais c'est plus pour les autres que pour lui qu'il le fait. Pour Sam, surtout pour Sam. Il ne peut pas la laisser toute seule ici, elle aurait trop mal et elle s'ennuierait. Il ne pouvait pas imaginer que Sam existe en dehors des heures qu'ils passent ensembles. Mais il ne peut plus se battre, il n'en a plus la force. Il sent que son heure approche, il sent que la leucémie a fait son chemin et qu'il restera éternellement gravé, la dernière route qu'il empruntera.

# Posté le lundi 03 mars 2008 19:06

Et la musique continue

Et la musique continue
Son c½ur pulsait au même tempo que la musique, irriguant ses veines au même rythme que la musique emplissait ses oreilles. Le silence soudain s'empare de l'endroit. Il fait sombre, si sombre, le noir est omniprésent. Et elle suffoque. Son monde s'est écroulé depuis que la musique s'est arrêté. La musique de la vie, la mélodie des rêves, la complainte de la mort. Et elle cri, au même rythme que la voix qui du chanteur qui a brutalement réapparu dans sa tête. Et elle pleure, au même rythme que la guitare descend en crescendo. Et elle souffre, au même rythme que la mesure de batterie s'achève. La complainte se fait plus insistante, écrasant sous son poids le chant des oiseaux. Et la partition continue, ne semblant jamais vouloir s'arrêter. Les notes affluent dans sa tête, les souvenirs passent sans lui laisser même le temps de les analyser. Elle rit quand le piano s'éveille, elle meurt à chaque fois que le refrain revient. Renaître pour ensuite mourir, rien n'a plus de sens. Et elle crie pour tout taire, pour se reposer un peu, mais la mesure s'acharne à battre. Elle n'entend plus rien que les sons de plus en plus discordants et elle veut devenir sourde, ne plus rien entendre que la mélodie du silence. Sa tête prise entre ses deux mains, ses ongles s'enfoncent douloureusement dans son crâne. Et le chanteur pousse enfin la note finale. Son c½ur s'est arrêté lorsque la dernière note eue été jouée.

# Posté le jeudi 06 mars 2008 19:22

Corde raide

Corde raide
La corde se tend
Le monde est juste sous mes pas
Un pied devant
Ne surtout pas regarder en bas

Glisser doucement, ne rien brusquer
Silence, un seul soupir
La salle, dans l'obscur est tombée
Noir promesse d'avenir

Et je marche au dessus de la tête des gens
La corde semble si fragile
De baisser mon regard, je me défend
Je ne suis pas assez habile

J'ai envie de courir, de m'envoler
Que le numéro soit finit
Que tous cesse enfin de me regarder
De quitter la corde de la vie

# Posté le jeudi 20 mars 2008 17:36

Non, MoiEtMesLettres n'est pas mort

Non, MoiEtMesLettres n'est pas mort
Ma vie étant un peu sur pause, je ne suis pas trop inspirée et je ne peux pas écrire sans l'inspiration, ça ne donne pas des choses agréables à lire.

Par la même occasion, je tiens à dire un gros merci à tous ceux qui sont passés voir mon blog et qui ont laissés des commentaires. Ça me fait toujours chaud au coeur et ça m'encourage à continuer, le processus d'édition que j'entreprend n'est pas de tout repos. Lorsque je relis ce que vous avez écrit, ça me redonne de l'énergie.

Donc, merci à tous, vous êtes une source d'inspiration.

# Posté le mercredi 23 avril 2008 15:27

Vivre

Vivre
La vie. Cette chose qui nous est prêtée, seulement, et lorsqu'on en a usé assez longtemps, on nous la reprend, utilisant comme prétexte la vieillesse ou la maladie. Alors, si nous n'avons qu'une seule vie, autant en profiter, respirer le vrai air, sourire pour les vraies raisons et arrêter de tout masquer par la souffrance, l'injustice et l'apitoiement et enfin, pour de bon, s'assumer et assumer les autres comme ils sont. Ça aura prit le temps qu'il faut, mais j'ai enfin compris. J'ai compris que le ciel n'est pas toujours bleu, que les nuages sont toujours là, attendant le meilleur moment pour laisser tomber la pluie. J'ai compris qu'il faut se battre, foncer vers l'avant et essayer d'oublier ce qui s'est passé auparavant. J'ai finalement saisis que rien ne nous ai dû et qu'il faut demander pour obtenir, parler, crier et tempêter pour obtenir son gain. Finalement, j'ai compris que pour ne pas s'enfoncer, pour ne pas sombrer, il faut se battre et espérer qu'un jour, la vie nous sourira et nous donnera une petite chance de briller.

Le ciel n'est l'endroit que je vise, mais je tente d'y parvenir. Parce que même si je n'y arrive pas, je serais toujours plus proche des étoiles que si je ne m'étais simplement contenté de rester les deux pieds sur terre. On dit que la rêverie est certes une bonne chose, mais lorsqu'on en abuse, elle peut devenir votre pire ennemi. Moi, je dis qu'il faut rêver autant que possible, se laisser porter par nos plus secrètes chimères parce qu'ainsi, la réalité paraît un peu moins crue, un peu moins sèche. Mes rêves rythment ma vie à leur tempo et je crois que sans cet éternel mouvement, j'aurais sombrer dans les plus profondes mers sombres de mon âme. Alors, si je ne peux faire qu'une seule chose pour aider les gens, ce serait simplement de leur conseiller de compter sur les rêves pour s'évader, pour vivre dans un autre univers, un univers qui nous appartient à nous, et à nous seuls.

# Posté le mardi 10 juin 2008 16:48