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Qu'un jouet entre tes mains.

Qu'un jouet entre tes mains.


Le vent carresse mes cheveux et les feuilles craquent sous le poid des mes pas. Il n'y a plus aucun bruit, même la nuit s'est faite silencieuse pour mon départ. Un frottement régulier brise par contre ce silence effrayant. C'est la longue corde que je tire derrière moi. Ma dernière amie, ma dernière chance de m'en sortir. La vie n'est plus supportable. Ma mère est pourtant une personne bien. Elle m'a aimé comme elle a pu. Elle est vraiment adorable. Non, ce n'est pas elle le problème. Le problème, c'est Lui. Lui, qui m'a fait tant souffrir. Lui, qui m'oblige à garder le silence. Lui, qui me menace sans arrêt de faire du mal à ma mère si je parle. Lui, qui abuse de moi. Certains diraient qu'il faut continuer de se battre, d'affronter la vie et vaincre tous les problèmes avec le sourire. Mais mon sourire n'est plus. J'ai perdu le mode d'emploie du sourire. Pourtant, j'essaie de paraître heureuse. J'ai essayé de me battre, essayer de sortir des sables mouvants dans lesquels Il me pousse. Mais c'est trop difficile, c'est impossible. Je n'ai jamais été capable de passer par dessus mes problème, et je risque difficilement d'arrivé à passer par dessus celui-là. Je sais que ma mère va pleurer, qu'ils vont m'en vouloir à mort, qu'elle va en prendre tout le blame. Heureusement, je lui ai écrit une lettre. Ainsi, elle saura pourquoi je me suis enlevé la vie. La vie. J'aurais tant aimé pouvoir continuer la mienne. Je prévoyais tant de chose, espérait tant pouvoir réussir. Mais je n'ai plus la force de me battre. L'ai-je déjà eu d'ailleurs? De toute façon, c'est terminée. J'ai trouvé l'arbre que je voulais. Grand, fort, imposant. Sa cime est innateignable, tout comme les étoiles. Mais ce soir, je me sens plus proche d'elles. Je ferme les yeux et savoure la caresse du vent, l'odeur de la liberté, l'odeur de la mort. Avec toute les forces qu'il me reste, je lance la corde à la branche la plus haute que je puisse atteindre. Je passe délicatement la corde rêche jusqu'à mon cou et la serre, jusqu'à ce que je ne puisse presque plus respirer. Voilà, c'est maintenant ou jamais. Je passe le pas qui me sépare de la mort avec courage. L'emprise de la corde se fait aussitôt sentir, et moi, je perd le sens de la réalité. Ma dernière pensée est pour lui, ce père qui a causé ma mort, ce père pour qui j'étais seulement un jouet.

# Posté le vendredi 09 novembre 2007 21:31

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